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En 1994, la République sud-africaine est sortie du cycle infernal des condamnations internationales en enterrant définitivement la politique· de ségrégation raciale. Cette évolution a été préparée et conduite par les forces silencieuses du pays (bourgeoisie noire, Eglises, forces éconon1iques, ...), véritables traits d'union entre, d'un côté, un régime blanc qui s'est finalement résigné à composer pour gommer le statut humiliant de nation paria, de l'autre, des Noirs modérés qui réclamaient un dialogue constructif pour obtenir des droits légitimes inhérents à toute démocratie. Car c'est bien l'action de cette force tranquille et nimbée de vertus pédagogiques qui a permis l'éradication de la discrimination raciale, et non les sanctions préconisées par la communauté internationale (d'ailleurs largement contournées).
Cette métamorphose historique est d'autant plus spectaculaire que le transfert du pouvoir à la majorité noire s'est passé dans le calme et n'a pas été suivi de réactions violentes en provenance des franges extrémistes, ni d'attitudes revanchardes et de chasse aux sorcières de la part du nouveau gouvernement. Dix ans après le franchissement de ce Rubicon, le laboratoire social de l'Afrique du Sud semble fonctionner, un constat qui va à l'encontre des analyses pessimistes exprimées par les oracles alarmistes qui prédisaient une déflagration. Or force est de reconnaître que le pays du cap de Bonne-Espérance n'a pas pas implosé.
C'est ce parcours atypique qui est relaté dans cet ouvrage, un essai qui se refuse à appréhender les problèmes sud-africains à travers le miroir simpliste et déformant d'une opposition entre Noirs et Blancs, mais qui s'attache surtout à étudier les réalités complexes de cette nation arc-en-ciel aux étonnantes possibilités. Le document aborde également les données politiques, humaines, économiques, historiques et stratégiques de cette zone de l'Afrique australe en pleine mutation.
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Ils en ont parlé...
Apartheid, un mot qui fait peur. Un système horrible qui désigne littéralement la séparation entre les Noirs et les Blancs. En 1948, il est légalisé en Afrique du Sud avec l'arrivée au pouvoir du Parti national de Daniel François Malan. Ultranationaliste, ce groupe emploie le terme afrikaans, « apartheid », c’est-à-dire la séparation radicale entre les Blancs et les « non Blancs » qui regroupent les Noirs, les Métis et les Indiens. Les Blancs représentent alors environ 10% de la population sud-africaine. Cet appareil politique, législatif et social de ségrégation raciale a régné en Afrique du Sud jusqu’en 1990.
Bien que le monde n'ait découvert l'apartheid "légal" qu'à partir de la seconde moitié du 20° siècle, les racines de cet épisode douloureux de l’histoire sud-africaine remontent à la colonisation. C'est ce que nous fait découvrir Michel Klen.









